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  • L’intégralité du texte de l’hommage de Martin MALVY à Nicole PAULO

L’intégralité du texte de l’hommage de Martin MALVY à Nicole PAULO

Texte de l’hommage de
Martin MALVY à Nicole PAULO
est disponible sur le site de la Ville de Figeac

 portrait NP ville figeac
(c) JC Boyer

INTERVENTION DE MARTIN MALVY AUX OBSÈQUES DE NICOLE PAULO

FIGEAC le 6 août 2021

  • Nicole Paulo aura traversé une longue vie, telle sans doute qu'elle le souhaitait, lorsque, jeune fille, elle habitait chez ses parents, rue Gambetta, pas très loin de la boucherie Joyeux. Sa famille était modeste. Son beau-père, Roland Montey, entre autres, entraîneur du GSF était, dit-on, sévère. Nicole, jeune fille que l'on remarque, fait ses études secondaires et devient institutrice, première étape de cette longue existence qui vient de s'achever, après un calvaire de trois ans, subit sans plaintes. Nicole était courageuse. Elle savait son affaiblissement qu'elle affrontait chaque jour, en conscience et en douleurs, sans pour autant - pendant longtemps je pense - perdre tout espoir de rémission, fusse t'elle partielle. il y avait à la fois chez Nicole, l'acceptation de la fatalité et une volonté de vivre qui l'aida à supporter cette période, avec lucidité et sans l'agressivité naturelle qui caractérise parfois le comportement de certains grands malades. Profondément humaine, Nicole admirait ses soignants.
  • Durant ses longues heures de veille, elle pensait aux siens qui furent admirablement présents, et d'abord à ses enfants, à ceux de Jacques, Jean-Christophe, le toulousain, cadre de santé à l'hôpital Joseph Ducuing ou elle effectua, sous sa protection, un long séjour entre l'hôpital de Figeac, Font redonde  et la résidence de Bataillé; Jean-Philippe, Inspecteur des Impôts à Avignon, leurs enfants, ses petits enfants, Julien, Camille, Baptiste, Marie, Lucie, et, dernier bonheur peut-être, dernière émotion, l'un de ses derniers sourires, James, l'arrière petit fils, âgé aujourd'hui de quatre ans.
  • La jeune fille qui dans les années d'après guerre, est elle aussi marquée, traumatisée par ce qui s'est passé à Figeac en mai 1944 et par une actualité qui exprime la violence, les régimes répressifs, les inégalités, s'initie peu à peu aux thèmes qui nourrissent en réalité le débat public a chaque temps de notre histoire, même s’ils se présentent et se commentent d'une manière différente selon l'époque et l'environnement. Année 50, années 60. C'est la guerre d'Algérie, celle du Viêt Nam, le mur de Berlin, les colonels en Grèce,  Franco en Espagne, Cuba et la guerre des missiles.  En France, alors que l'économie flambe-"les trente glorieuses"- la création des Compagnons d'Emmaüs pour répondre à la pauvreté, une société corsetée, la première élection du Président de la République au suffrage universel, Mai 1968....
  • Nicole est devenue militante. Elle a 26 ans et fait partie de cette génération qui affiche : "Soyons sérieux. Demandons l'impossible". Où :" Il est interdit d'interdire". C'est à ce moment-là que nos chemins se croisent pour la première fois. J'ai été lancé par quelques anciens dans la campagne pour les législatives qui interviennent après la dissolution de l'Assemblée Nationale. Compte tenu du contexte et du plateau, il n'y a aucune chance de gagner. Bernard Pons, sortant, Secrétaire d'Etat à l'Agriculture est soutenu par Georges Pompidou. Georges Juskiewenski a perdu son siège un an plus tôt. Henry Thamié, candidat communiste a été député du Lot  il y a dix ans. L'année précédente, le candidat de la FGDS a fait un très mauvais score. Au second tour, Thamier se retire pour moi bien qu'il soit arrivé devant moi.. Je reste en tête à tête avec Pons qui est réélu. C'est le vrai début de notre aventure.
  • Étrangeté de l'histoire dont on dit, non sans raison qu'elle se répète, l'année suivante ,1969 enregistrait le plus mauvais résultat électoral jamais réalisé par la SFIO. 5,9% des voix pour Gaston Defferre aux présidentielles. Il faut reconstruire. Nicole Paulo fait partie de celles et ceux qui s'engagent et participent aux nombreuses réunions, meetings très suivis par nos concitoyens.  L'avenir est à construire, alors construisons le, bâtissons un projet, une stratégie dans l'unité, ce qui manque aujourd'hui. Aux municipales de 1971, trop prise par l'école, elle n'est pas sur la liste. Nous ne gagnons d'ailleurs pas, même si sept d'entre nous deviennent conseillers municipaux. Elle l'est par contre en 1977. Progrès remarquable, il  y a trois femmes dans l’équipe, Nicole, Jeanine Dehermann, Yvette Bonnal. La parité est encore loin. Je lui propose le poste d'adjoint aux affaires sociales, secteur dont on sait ce qu'il représente pour une mairie progressiste. S'ouvrent pour Nicole 36 ans de vie publique.
  • On ne raconte pas une vie en quelques phrases. Nos vies nous appartiennent. Chacune à ses secrets, son intimité. Nicole ! c’est d'abord l'éducation des enfants, le social, la solidarité, l'empathie. Elle est sensible à l'extrême, aux problèmes des autres et aussi, à ce qu'ils pensent d'elle. Nicole, c'est la laïcité, la tolérance, le droit des femmes, les libertés, l'école de la République. L'institutrice itinérante qui sillonne la routes des écoles du figeacois pendant des années est désormais en poste à Paul Bert. Albert Camus écrivait: "" on ne félicite pas un instituteur d'enseigner que deux et deux font quatre. On le félicite d'avoir choisi ce beau métier". C'est cela Nicole, le beau métier, l'apprentissage à la vie des enfants. Elle est active au sein des " amis de l'école", à la réalisation de "Combe-Longue" ou nous avons passé tant d'heures, à l'installation des aides maternelles, au suivi de la rénovation des écoles. Je devrais associer tant de noms à ce qui s'est fait avec elle comme avec d'autres, avant 2001, puis jusqu'en 2014 quand à son tour, André lui succéda. Tant de noms, tant de souvenirs, que j'y renonce. Ce serait à coup sûr, oublier des dizaines d'élus, de proches, de collaborateurs municipaux et extérieurs, de partenaires, d'amis. Je renonce à évoquer les silhouettes de tant d'autres qui, eux aussi, sont devenus des ombres. Éprouvant le tour de ville et la halte symbolique devant les lieux où vécurent celles et ceux qui nous ont quitté ! Le savent, parce qu'ils furent ses adjoints ou proches, et sont présents avec nous cet après-midi, Jean-Claude, Christiane,  Roland bien sûr, Michel, Antoine, Marie-France, Marta, Pascal que j'ai vu dans votre assistance silencieuse.
  • Nicole, c'est aussi, démarche collective, la création du Centre Social, le passage d'un appartement de deux pièces à Bataillé au couvent de la Miséricorde, place Vival, la vice-présidence, puis la présidence du CCAS, puis du CIAS. C'est pendant toutes ces années, car elle n'a pas cessé un seul jour de nous préoccuper, la situation de l'hôpital, celle de la maternité notamment. J'avais obtenu de Georgina Dufoix le financement d'une nouvelle maternité après avoir découvert au tout début de mon premier mandat les conditions très contestables dans lesquelles les femmes venaient y accoucher. Nous tous, sans exception -elle  peut être, plus particulièrement dans ses fonctions - souffrirent la décision de sa fermeture, quelques années plus tard, avec d'autant plus de rage.
  • Nicole, c'est encore, après l'installation du foyer des personnes âgées au rez de chaussée de la MAPAD, rue Orthabadial, le portage des repas à domicile, la Maison des Seniors de la rue Saint Marthe.  
  • Que sais-je encore! Tous les jours. A la ville, au Conseil Départemental Monsieur le Président, ou elle fut une de vos proches.
  • En 1977, elle avait été mon adjointe. En 2001, je suis devenu le sien.
  • J'ai évoqué l'arrivée de James, l'émotion de l'arrière grand-mère. J'aurais garde d'oublier parmi ses dernières grandes joies la belle réussite de Marie, reçue 4eme sur 4300 candidats au concours de professeur des écoles. Son école. Celle qui forme au métier d'homme. Nicole! c'était peut être d'abord cela. Sa famille. Mais tout cela. On ne peut évoquer à son propos, les siens, l'école et la vie publique sans les associer. Nicole, c'est cela, ensemble.
  • Elle était profondément figeacoise. Elle aimait Figeac et les gens le lui rendaient bien, attentive à leurs réactions.
  • Elle fut de ces enseignants qui illustrèrent la phrase de Jaurès : " On n'enseigne pas ce que l'on croit savoir. On enseigne ce que l'on est".
  • Les groupes humains, quels qu'ils soient-les familles sont des groupes humains comme les groupements publics ou les associations- évoluent, parfois se divisent sans que l'on en connaisse réellement les raisons. Les plaies peuvent être vives et longues à cicatriser. Mais quand la mort prend l'un des éléments du groupe, confrontés à l'impossible retour - tout doit rentrer dans l'apaisement. Il faut  en revenir à l'essentiel car seuls dans nos souvenirs doit demeurer le meilleur et le plus sincère. Ce qui a fait le sel de la vie, sa richesse, sa raison d'avoir été. Quant à l'hommage, il doit s'appuyer sur les mêmes valeurs sauf à apparaître décalé. Il l'est parfois.
  • Nicole a voulu que je sois le seul interlocuteur de cette cérémonie. Sans doute pour éviter le trop de discours qui l'excédait. Je l'ai fait en mon nom personnel, mais aussi en pensant à toutes celles et tous ceux qui auraient aimé ne dire qu'un mot, un seul, et à ceux qui n'ont pu se joindre à nous, essentiellement pour des causes d'éloignement, 
  • Nicole était Chevalier de la Légion d'Honneur, Officier de l'Ordre du Mérite National, Chevalier des Palmes Académiques.
  • Platon, en 400 avant Jésus Christ écrivait :" ce n'est pas la mort qu'il faut redouter, c'est une vie passée dans l'injustice car ce serait le plus grands des malheurs que de descendre aux enfers, la conscience gorgée de crimes". Nicole ne croyait ni au ciel, ni à l'enfer. Cela ne l'empêchait pas d'entretenir les meilleures relations avec les prêtres figeacois. Je pense en particulier à l'abbé Luzergues.
  • Si l'au delà nous réserve quelques bonnes surprises, c'est son histoire, ce qu'elle a fait pour les enfants, les siens et sa cité que Nicole racontera. Si c'est le total effacement, l'obscurité et le silence jusqu'à la fin des temps, ce sera à nous de préserver en souvenir le meilleur de ce qu'elle a été.
  • A vous, ses enfants, à toute sa famille, à toi Roland, toutes celles et tous ceux qui sont ici rassemblés disent des mots d'amitié et de reconnaissance. Madame le Maire, au revoir. Au revoir Nicole."
  • Événement à partir du
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Une ville géographiquement privilégiée. Sous-préfecture du département du Lot, Figeac se situe à l'extrémité EST du département, aux limites de l'Aveyron et du Cantal. Une ville à la croisée de plusieurs terroirs. Un patrimoine exceptionnel, autour de l'ancienne abbaye médiévale.

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